Allaitement : La fin de notre aventure lactée

Notre fin d'allaitement

Si vous avez suivi quelques articles lors de la croissance de pépette, vous savez qu’elle a été allaitée. Pour ceux qui le découvrent, vous le savez aussi maintenant. Nous avons eu des moments un peu galère, il faut l’avouer, puis au fil des mois tout s’est mis en place. Et malgré quelques aventures, nous avons tenu bon, jusqu’au sevrage, que ma fille a décidé d’elle-même.

25 mois et des brouettes d’allaitement maternel

Pour commencer, il faut revenir en arrière, lors de la grossesse. Je n’avais qu’une idée en tête : allaiter ma fille au sein. Je ne voulais pas lui donner de biberon, mais lui donner le plus naturel et le meilleur pour elle. Peut-être (et probablement) car je n’ai pas pu connaître cette expérience de mon côté. Nous sommes donc partis à la maternité sans un biberon, sans conserve de lait en poudre. RIEN. NADA. Juste mes nénés et le futur bébé. Le voyage a commencé, en version montagnes russes.

Je me suis dit, trois mois, puis six, puis neuf, puis, on verra bien. C’est ainsi que nous avons passé les mois, avec les tétées nutritives et les tétées de réconfort, de confort. Mine de rien, ces dernières comptent très souvent. J’ai réellement vécu cette expérience comme une fierté, une force, et le regard des gens me poussait à leur montrer qu’une maman qui allaite son enfant, c’est naturel et non malsain ou vulgaire. Sans pour autant sortir les deux micro-miches en simultané en terrasse d’un café.

Nous sommes passées d’une quinzaine (oui oui) de tétées à la journée, à trois ou quatre en journée et une ou deux la nuit. Puis deux à trois en journée et une la nuit, ce rythme étant resté tel quel pendant les derniers mois. Elle prenait le sein le matin, le midi, le soir, et une fois dans la nuit. Elle avait son rythme. Et son sein. Car au fil des mois, elle a eu des préférences tantôt pour un côté tantôt pour l’autre. Sans pouvoir comprendre pourquoi.

Puis, un jour, elle ne voulait plus prendre le midi. Puis ensuite, elle a aussi annulé les rendez-vous tétées du matin remplacer par de simples câlins. Il ne restait que la tétée confort du soir avant de dormir. Puis, un jour sur deux, puis sur trois, puis plus rien.

Allaitement : La fin de notre aventure lactée 1

Un sevrage naturel mené par l’enfant

Nous avons donc tenu vingt cinq mois et des brouettes avant de terminer notre aventure lactée, mais je suis déjà très fière de notre chemin. Maintes personnes m’ont conseillé de la sevrer plus tôt, de décaler de moi même les tétées. Mais… J’ai écouté… Sans faire car cela ne me convenait pas. Je ne voulais pas aller contre les besoins de ma fille. Car non, une tétée n’est pas un caprice, n’est pas futile, elles sont toujours utiles à l’enfant pour une quelconque raison, et peuvent s’avérer très bénéfiques comme en cas de gastro chez un bébé de treize mois, par exemple.

J’ai donc pris la décision de la laisser faire. De laisser ce petit-être avancer à son rythme. Comprendre d’elle-même qu’un câlin peut apporter autant de réconfort qu’une tétée confort. D’elle-même je dis bien. Sans rien impacter. Et puis, au fil des jours, comme dit plus haut, c’est elle qui a commencé à espacer. Bien sûr, je me suis retrouvée quelques fois légèrement engorgée. Ce qui m’a coûté quelques petites gênes au petit matin lorsque les tétées de nuit étaient zappées. Alors au début, je désengorgeais, pour soulager et laisser la production se maintenir. Mais au fil du temps, j’ai compris qu’elle commençait son sevrage.

Alors, au lieu de stimuler la production, j’ai laissé libre court à toute cette vie lactée. Tout ce circuit fabuleux qu’est le corps humain, le corps d’une femme. J’ai laissé ma production baisser, j’ai laissé ma production se tarir comme on dit. Tout comme les premières productions, il faut du temps au corps pour s’habituer, et quelques petits tiraillements subsistaient ci et là. Pourtant, tout a retrouvé son quotidien (on ne peut pas vraiment dire place, ça, il a fallu encore plus de temps).

Si j’ai un conseil à vous donner par rapport à toute notre aventure, c’est d’être à l’écoute de votre enfant. S’il se détourne du sein, ne surtout pas le forcer. Les dialogues aussi portent leurs fruits. Je demandais à pépette si elle était sûre de ne pas vouloir le sein, je lui disais que c’était son choix et qu’on ferait un câlin à la place. Dans le plus de bienveillance possible.

Maintenant, à trois ans et demi, lorsque je regarde en arrière, je sais que j’ai fait des erreurs, et que tout n’a pas toujours été parfait dans notre aventure lactée, mais je suis heureuse que ce soit mon enfant qui est pris la décision d’arrêter de prendre le sein, sans influence de ma part. Parfois, elle me demande encore si j’ai du lait dans mes nénés, ou demande si elle a du lait dans les nénés. Elle comprend l’allaitement, sans pour autant demander pour essayer. Juste une curiosité, une envie d’en apprendre plus. De dire « moi quand j’étais bébé je buvais le lait là *en montrant mes seins* ».

C’est une aventure très particulière qui nécessite d’être à l’écoute de son enfant. Que ce soit à travers les premiers ou les derniers instants. C’est l’enfant qui détermine le rythme, les envies et le temps d’un allaitement. Bien sûr le sevrage induit n’est pas une faute, loin de là, souvent provoqué par une reprise du travail, ou d’autres raisons. Et il va de soi de respecter les différents sevrages. Mais le naturel est quand même le plus doux pour l’enfant, et permet une prise de conscience que l’enfant grandit à son rythme et fait ses propres choix.

Allaitement maternel : Conseils pour booster sa lactation

Allaitement maternel

Bonjour à toutes et à tous, j’espère que vous allez bien en ce début d’année. Aujourd’hui je m’adresse plus particulièrement aux mamans allaitantes de petits et moins petits bouchons, ou peut-être même aux conjoints qui pourraient s’intéresser au sujet de l’allaitement.

Bien souvent, on a tendance à penser qu’on manque de lait, que ce soit suite au passage en lactation autocrine qui rend les seins plus mous (production de lait à la tétée et non plus en continu), ou suite aux pressions du corps médical qui stigmatise les mamans allaitantes (vu qu’ils ne peuvent rien contrôler en quantité et sont arrosés par les lobbys des laits infantiles). Sauf que le corps humain est bien fait, et il puisera dans les réserves de mamans pour produire le nécessaire pour bébé. Cependant, quelques petites astuces existent pour entretenir sa production ou la booster en cas de coup de mou.

Le système de l’offre au lieu de la demande

L’une des choses les plus importantes pour stimuler la production est de mettre bébé au sein le plus souvent possible. Même pour des petites tétées. Quand ils sont tous petits, il suffit de donner au moindre signe d’éveil. Quand ils sont plus grands, il vaut mieux partir sur le principe de l’offre plutôt que la demande. On propose le plus souvent possible le sein au lieu d’attendre que bébé le réclame. Parfois ça fonctionne et on peut gagner une ou deux voire plus de tétées supplémentaires.

Tirer son lait

Le fait de tirer son lait peut rebuter certaines mamans. J’y suis passée et je ne l’ai utilisé pour la première fois seulement quand notre puce avait quelque chose comme 6 ou 7 mois. Sauf qu’il peut se révéler être un bon allié. Tirer son lait régulièrement, à heure fixe si possible (ici c’est impossible), et/ou en fin de tétée pour bien vider permet de stimuler la production de lait.

Attention tout de même à choisir le bon tire-lait, la bonne taille de téterelles pour ne pas blesser vos seins. Ne paniquez pas non plus si lors du tirage peu ou pas de lait ne sort, la quantité exprimée dans le récupérateur ne représente pas la quantité réellement produite ! Je l’ai appris après avoir un peu paniqué je l’avoue. Et si vous tirez une bonne quantité mais que vous ne l’utilisez pas, trouver comment transformer votre lait en savon maison, ou le mettre dans les bains, ou même dans des préparations culinaires.

Si le tire-lait ne vous plait absolument pas, vous pouvez exprimer votre lait de manière manuelle avec des massages et compressions au niveau de l’aréole pour vider votre sein et simuler une fausse tétée.

Utiliser des plantes

Que ce soit en gélules (que l’on trouve de plus en plus végétales) ou en tisane, n’hésitez pas à faire une petite cure de temps en temps. Il existe des tisanes déjà toutes prêtes, comme on peut trouver chez Weleda, Hipp, Les Jardins de Gaïa, Holle, et d’autres encore. Elles sont en général riches en fenouil, anis, cumin, fenugrec, carvi et plantes plus aromatiques. Ces tisanes sont un support pour faciliter la production de lait via les plantes à effet galactogène, et certaines permettraient également d’apaiser les coliques des nourrissons via le lait maternel. Cependant, il faut les utiliser de préférence en cure pour un effet optimal. Vous pouvez aussi vous adresser à un herboriste pour vous aider à faire vous même les mélanges. En gélule, c’est l’association fenugrec / chardon béni qui semble fonctionner le mieux.

J’ai testé les Weleda, et même si le goût est particulier, on s’y fait vite. La Holle est plus spéciale et je préfère la Weleda Allaitement originale. Quand à l’effet, il y a probablement un soutien, mais pas de montée de lait spectaculaire à noter pour ma part.

Utiliser des huiles

On reste avec les plantes mais dans un autre format. Il existe de plus en plus de petites associations d’huiles végétales et essentielles que l’on peut se passer en massage sur le sein (en évitant l’aréole) ou les poignets, ou même à prendre sous la langue. En principe, on retrouvera les huiles essentielles de fenouil – basilic – cumin -marjolaine , huile végétale de colza – sésame. On retrouve souvent ces produits chez Weleda, Neobulle, Pranarom.

Attention tout de même à ne pas faire ses mélanges vous mêmes sans être accompagnée car les huiles essentielles mal dosées peuvent être nocives pour vous et bébé en période d’allaitement.

Utiliser des aliments galactogènes

Vous pouvez utiliser des herbes aromatiques vues plus haut (cumin, fenouil, basilic, en évitant le persil et la menthe). Mais il existe aussi des aliments autres aux vertus galactogènes comme par exemple l’avoine, les graines de lin moulues, la levure maltée, le topinambour, le quinoa, la bière (sans alcool), les graines germées d’alfalfafenugrecfenouil. Libre à vous de créer des petites recettes incluant ces aliments, ici j’adore faire des cookies aux graines de lin, flocons d’avoine et chocolat, et même si c’est psychologiques ou peu efficace (il est difficile de le vérifier en lactation autocrine), ça reste hyper bon à manger et puis en période d’allaitement on a souvent des petits (gros?) creux en journée !

Les traitements ou l’homéopathie

Pour ceux qui ne s’attachent pas tellement au naturel ou à la bienveillance envers les animaux, il est possible de se tourner vers des traitements disponibles en pharmacie. Il semblerait que le Primperan soit efficace (comme son homologue Dompéridone mais supprimé de la vente pour cause d’effets secondaires cardiaques trop importants), et d’autres molécules qui stimuleraient la production de prolactine responsable de la production de lait. Cependant, il est nécessaire d’en discuter avec un médecin.

L’homéopathie semble bien fonctionner pour certains. Le nom qui revient le plus souvent est le Ricinus Communis 3CH – 9CH (surtout pas les dilutions 15 CH – 30CH qui ont l’effet inverse et diminuent la lactation) à raison de 3 à 5 granules 3x/jour, l’Alfalfa aux même dilutions 3CH – 9CH, mais c’est aussi à voir avec votre pharmacien(ne) ou médecin.

Il existe aussi des compléments alimentaires à prendre en cure pour booster un peu l’allaitement, mais en général, ce sont juste des associations de plantes. Et certains comme le Galactogil très connu semble disparaître peu à peu des rayons.

J’espère que cet article pourra peut être donner quelques pistes aux mamans fatiguées ou qui rencontrent des troubles avec leur allaitement. Il faut savoir que la non-production de lait est très rare et en général il s’agit d’un trouble médical qui peut être repéré par une consultante en lactation ou un médecin formé. Le corps maternel est bien fait et fera toujours en sorte de produire du lait en quantité et qualité suffisante pour le bébé. Gardez en tête que le meilleur stimulant reste de mettre bébé au sein, mais pour assurer vos arrières voici quelques pistes à explorer. N’hésitez pas à me dire si vous avez des petites astuces d’allaitement vous aussi !

Journal de maternité #34 : Des journées en dent de scie

Journal de maternité #34

Aujourd’hui, je suis de retour pour un nouveau journal de maternité, qui revient sur notre vie à la maison. Tout n’est pas toujours rose avec bébé dans notre petit chez nous. Et même si en général les journées sont assez douces, il y a des journées un peu plus compliquées à gérer. Des journées en dent de scie où tout va bien un moment, puis tout part en sucette, pour revenir à la normale.

Dents 3 – 0 Bébé H

Il y a un peu plus d’un mois, suite à sa rhino-pharyngite transformée en roséole, pépette nous a sorti une nouvelle dent, incisive latérale gauche supérieur. Et voilà que ça recommence. Une seconde dent travaillait bébé depuis quelques temps la même mais à droite, avec bave à foison. Mais maintenant on est passé au stade de la bave en fontaine permanente, du nez qui coule, du ronchon, et du dodo. Je pensais que c’était le temps mais en fait, au moment de lui donner à manger, voilà que je vois une dent percer en bas.

EN BAS ? Wait… What ? C’était pourtant en haut qu’on s’était focalisé, et puis là, au moment de donner la cuillère, la bouche grande ouverte voilà qu’elle nous sort une incisive latérale gauche en bas tout d’un coup. Du coup, nous voilà à deux dents qui la travaillent en simultané.

SAUF QUE… Ce n’est pas tout puisqu’après quelques jours avec un bébé instable, qui rit beaucoup mais se met rapidement dans son coin à ronchonner ou même à pleurnicher (pas du gros pleurs), nouvelle découverte. Je joue avec bébé, qui se pose sur le dos sur mes jambes en riant et là… Je vois quoi ? Une belle marque blanche au niveau de l’incisive supérieure gauche. Pépette supporte donc la poussée de trois dents en même temps, dont deux à gauche.

Journal de maternité #34

Pas de câlin, pas de sein, mais reste pas trop loin

Du coup, pendant ces journées, pépette joue beaucoup, à mes pieds ou à mes côtés. Puis d’un coup elle part jouer ou essayer de se lever ailleurs seule. Elle parle de façon enjouée puis râle, on le sent bien à sa manière de babiller et son intonation. Elle s’énerve rapidement. Elle ne sait pas quel jouet mordre pour ce soulager. Et nous, on reste là impuissant. J’ai essayé les câlins, mais elle n’en voulait pas, sauf un soir ou après une seconde sieste l’après midi elle ne voulait plus quitter mes bras.

Et puis il y a aussi les tétées. Enfin, non justement, il n’y a pas les tétées. On passe de 7 tétées en moyenne à 3 tétées par jour, enfin nuit. Le reste du temps elle n’en veut pas. Ce qui me blesse égoïstement et m’angoisse un peu (cette peur qu’elle ne boive / mange pas assez). Mais ce sont des moments où il n’y a rien à faire. Dès que je tente une mise au sein, c’est morsure (mmmmf ) ou pleurs ou « babebabebabe » en voulant sortir de mes bras pour aller jouer. Donc je m’agace, et ça agace aussi le papa ce qui tend un peu l’ambiance.

Bébé n’est donc pas typiquement dans son assiette, ce qui l’a fatigue et nous fatigue aussi. Ce n’est pas facile facile mais on essaie de garder seulement les bons moments. On lui fait faire ses siestes et parfois une en rab’ le soir après le goûter. Avec le temps, je pense qu’on arrivera à anticiper ces moments et à bien les amoindrir, mais pour l’instant, on fait juste du mieux qu’on peut.

D’ailleurs je prévois bientôt un article sur les poussées dentaires chez les bébés et comment essayer d’y parer au mieux possible. Comment soulagez-vous vos petitous pendant les poussées qui rendent grognons ?

10 fun facts sur l’allaitement maternel

10 fun facts sur l'allaitement maternel

On continue la série des fun facts, cette fois-ci en s’intéressant à l’allaitement maternel. Après presque neuf mois d’allaitement, j’ai pu faire un petit stocks d’anecdotes à partager. J’avoue que certaines n’ont pas été drôles sur le coup, mais avec du recul, je trouve ça fun. Par contre ici, je ne parle pas spécialement des avantages du style « j’ai pu allaiter n’importe où en vacances » (cf image à la une).  Si vous avez des anecdotes sur l’allaitement de vos enfants, n’hésitez pas à les partager !

Les douleurs post-accouchement 

Au moment où l’on reçoit notre bébé dans les bras, on n’imagine pas la suite. Pour un premier bébé, on se dit que la douleur est passée, on va être tranquille. MAIS NON ! Les tétées de bébé m’ont provoqué des crevasses très douloureuses sur plusieurs jours. Et les tétées provoquaient également les tranchées, des vilaines contractions qui ont été parfois douloureuses afin de remettre l’utérus naturellement en place. L’avantage, c’est qu’il s’est rapidement remis en place, mais ça a piqué quand même. Bon après, promis (hors cas particuliers) on n’a plus mal.

Je ne peux toujours pas dormir sur le ventre

Ô grand désespoir ! Qui allaite et dors sur le ventre, se retrouve vilainement engorgée, douloureusement engorgée. Parfois, je reste juste quelques instants sur le ventre histoire de profiter de ce court bonheur, puis je reviens vite sur le côté ou le dos. Si vous saviez comme ça me manque. Parfois même, je mets un coussin sous mon ventre pour que mes seins ne soient pas comprimés et je reste comme ça à moitié endormie, comme un phoque à moitié sur un rocher.

phoque

Tester des tonnes de coussinets d’allaitements

Les premiers mois, on n’échappe pas aux fuites de lait. Et à moins de se retrouver avec deux grosses tâches de lait (voire plus au réveil le matin, bien trempée même sur le ventre), il vaut mieux investir dans des coussinets. Qui sont aussi pratiques pendant la tétée avec une montée de lait en synchro des deux côtés. Sauf que tous ne se valent pas, et si maman en préfèrent certains bien absorbants contre d’autres qui finissent trempés et trempent le soutien-gorge au passage, bébé a aussi ses préférence. Oui, quand je mets certains coussinets, elle ne semble plus vouloir le sein, et dès que je remets une autre marque, c’est reparti normalement. Au choix, lavables ou jetables. Personnellement les lavables ne sont en aucun cas assez absorbants. Vache à lait vous avez dit ?

Les joies des premières dents

Bien des femmes n’ont pas de mésaventures avec les premières dents. Mais j’ai eu droit à ma petite morsure qui m’a donné un gros coup de chaud avec une vilaine douleur pendant quelques instants. Deux petites dents d’un coup et un bébé qui mord, vous imaginez la scène. Heureusement, elle n’a pas recommencé.

Avoir un coussin d’allaitement / maternité et ne pas pouvoir s’en servir

Je suis un petit modèle. Et beaucoup de choses en ce monde ne sont pas étudiées pour mon gabarit. Les coussins d’allaitement en font partie. J’ai tenté plusieurs positions mais à chaque fois bébé se retrouvait trop haut pour avoir une bonne position pour téter. Du coup, il nous a servi comme bordure de son tapis de jeu pour qu’elle ne se cogne pas au meuble derrière.

Avoir un sein BIEN plus gros que l’autre

Parfois bébé a une préférence pour un sein par rapport à l’autre. Préférence qui peut changer n’importe quand. Du coup, il tête plus un côté que l’autre. Du coup, un côté est bien plus gros que l’autre. On se retrouve alors avec l’impression que le chirurgien a oublié de mettre la prothèse de l’autre côté. Et ça peut se voir  sous un tee-shirt et être très bizarre comme impression. Mais bon, dans l’ensemble, on garde des gros seins *wink*

Look it up

Tenter de téter les mamies ou même le papa

Quand bébé a faim, elle veut téter. Peut importe dans les bras de qui elle est. Elle tire sur les vêtements ou tente de téter parfois papa avec son nez ou des doigts qui passent à proximité. Puis quand j’arrive à proximité, elle se jette dans mes bras la bouche ouverte.

Envoyer du lait partout

Oui, c’est pas joli joli. Mais parfois en sortant de la douche, on se sèche bien, puis hop, la montée de lait qui en met partout. On peut tremper son lit, ses vêtements, le sol de la salle de bain. Ou même n’importe quel sol d’ailleurs. Il suffit que bébé soit distraite après la montée de lait au sein et se détourne quelques secondes pour en envoyer partout. Merci le REF.

Le fourmillement des seins

Le… hein quoi ? En fait la libération d’ocytocine qui provoque l’éjection du lait, provoque également des sensations de chaleur (pratique en été), et des fourmillements / picotements au niveau des seins. C’est très étrange comme sensation. Entre la légère douleur et la sensation dérangeante, mais au bout d’un moment on s’y fait et parfois ça me fait rire.

Soif ! J’AI SOIF ! 

C’est un fait, l’allaitement donne soif. Mais dans le genre vraiment très soif. Bien sûr on peut en profiter pour boire des tisanes d’allaitement (j’en ai testé beaucoup d’ailleurs) et beaucoup d’eau. C’est un peu comme si d’un coup on se retrouvait au Sahara avec la gorge sèche, et les premiers temps, il vaut mieux avoir même un verre d’eau à proximité pendant les tétées, ensuite ça peut attendre que la tétées soit finie.

drink

Se sentir rejetée par son bébé

Se sentir rejetée par son bébé

S’il y a bien un sentiment des plus détestables, c’est bien celui de se sentir rejetée par son bébé. On nous le dit bien assez souvent, un bébé est bon et jamais méchant, et il nous aime. Mais parfois, il arrive que l’on se sente comme rejetée par son enfant, même s’il n’a que quelques mois à peine. J’en ai fait l’expérience, et j’ai beaucoup douté, pleuré, j’ai eu mal, très mal. C’était comme si mon coeur se déchirait. En faisant des recherches sur un certain point, j’ai découvert que ce sentiment pouvait être fréquemment rencontrés chez les mamans, surtout allaitantes. J’ai donc décidé de briser le silence et en parler, car même si c’est très dur, il ne faut pas avoir honte de ces moments là.

Mon bébé ne veut plus de moi

Tout a commencé il y a peu. Bébé ne voulait pas prendre le sein gauche ou très difficilement, ou bien une fois très fatiguée la nuit. Je me suis dit que c’était passager, et que de toute façon, si elle n’avait pas assez à boire elle réclamerait d’autant plus sur l’autre sein. Mais elle a gardé son rythme en faisant des tétées plus longues à droite. Ayant chuté en voulant se lever, je me suis dit qu’elle s’était peut-être un peu contracturé le cou, alors je la massais. Puis, il y a eu cette nuit-là.

Comme tous les soirs, on a couché bébé selon le même rituel, vers la même heure même si ce n’était pas à la minute près. Mais une fois au lit, elle a mis beaucoup de temps à s’endormir, à tourner, virer, chouiner, taper sa sucette sur les barreaux. Puis, elle a réclamé sa tétée, un peu plus tôt que d’ordinaire et n’a pris que très peu, juste la montée de lait puis stop. Avec pleurs et impossibilité de la faire téter à gauche, juste un peu à droite. Et là, c’était parti. Pendant une bonne partie de la nuit elle pleurait toutes les trente minutes à peu près, semblant vouloir téter mais hurlant une fois en position dans mes bras. Cette fois, ce n’était plus le côté gauche en défaut mais les deux. J’ai beaucoup pleuré. Je pensais que c’était fini. Qu’elle ne voulait plus du sein, et qu’au fond c’était avec la fatigue comme si elle ne voulait plus de moi. J’étais effondrée dans mon lit, recroquevillée sous ma couette, trempée de larme, avec le papa infiniment gentil et désemparée de me voir ainsi à côté. Je lui ai dit que ça allait passer, mais j’ai beaucoup pleuré. Et à chaque tétée ratée qui suivait je m’enfonçais un peu plus, j’avais un peu plus mal. Sauf que mon désarroi ayant pris le dessus, même lorsque bébé refusait mes câlins je prenais ça pour un rejet. J’ai même dit clairement « si tu ne veux plus de moi dis le« . Oui, c’est terrible. Mais j’avais tellement mal au fond de moi.

Ayant peur que bébé hurle de faim, j’ai même essayait un biberon, avec refus bien sûr car elle ne sait toujours pas le prendre. Et j’ai eu peur. Si elle ne veut pas le sein ? Pas le biberon ou la tasse ? On fait quoi ? Sa courbe de poids ? Sa soif ? Tout s’est bousculé, j’étais perdue. Un peu comme prise dans un tourbillon qui vous donne le vertige, la nausée vous emprisonne. Puis, au bout de quelques heures, je me suis ressaisie. Si bébé ne veut plus du sein ce n’est pas grave, on va trouver une solution. Je suis parvenue tant bien que mal à retrouver mon calme à prendre sur moi. Puis un nouveau pleurs, alors que je tremblais d’épuisement (car bébé nous a fait ce mauvais moment le jour où j’étais épuisée). Je suis allée la retrouver. Mais cette fois, je l’ai juste prise contre moi, dans sa gigoteuse, au chaud, en la berçant, en marchant dans sa chambre. Quand je l’ai senti se calmer et s’abandonner sans qu’elle ne me repousse, je l’ai doucement faite glisser sur le sein, qu’elle a pris un petit moment, calmement avant de s’endormir pour cinq heures de repos. J’étais heureuse car elle avait enfin bu, et soulagée qu’elle veuille du sein. Mais je gardais cette peur au fond de moi que le rejet recommence. Et même si ce n’est pas volontaire de la part du bébé, les refus de câlins, tétées, peuvent blesser.

Se sentir rejetée par son bébé

Il y a forcément une raison quand même

Mais quand ceci arrive on se remet en question. Qu’ai je fait de mal ? Pourquoi mon bébé me rejette-t-il ? C’est vraiment dur et j’ai beaucoup réfléchis, j’ai tourné la situation dans tous les sens. J’étais vraiment perdue, je ne savais pas comment vivre cette nuit affreuse. Puis, j’ai commencé à éplucher toutes les pistes que j’avais. Les dents ? Pourquoi pas, ça se tient pour le côté gauche, mais les deux en même temps c’est trop bizarre. La lune ? Une pleine lune réputée comme la pire de l’année, qui influe sur le sommeil oui, l’allaitement mouais. Un mal de ventre ? J’ai essayé les massages, et non ça ne ressemblait pas tellement à ça. Fin de tétée et sevrage naturel ? Oui, probablement, il va falloir que je m’y fasse. Mes seins ne lui suffisent plus, elle veut autre chose, alors je lui donnerai. J’en avais mal à la tête de réfléchir à tout ça. Puis vers six heures du matin, elle a tété, et ça a été tout jusqu’en début d’après midi. J’ai donc appelé l’ostéopathe un peu en stress pour qu’il vérifie que ce ne soit pas postural, ou peu-être une gêne du ventre. Oui, je ne voulais pas appeler mon pédiatre, je suis toujours fâchée contre lui suite à ses réflexions sur l’allaitement donc là il m’aurait dit de tout laisser tomber.

Sauf qu’en fait, bébé va très bien. Elle est même en parfaite santé selon l’ostéopathe après son examen. J’étais donc à la fois soulagée et à nouveau perdue. J’avais éliminer une cause, mais c’était celle sur laquelle je me reposais le plus. Par contre, j’ai voulu feinter. Bébé ayant beaucoup pleuré chez l’ostéopathe, j’ai tenté la tétée en rentrant pour qu’elle boive un peu, et elle a pris le sein ! Le miracle. Mais de courte durée, car jusqu’au soir tard, il n’y en a pas eu d’autres. J’avais toujours ce sentiment que bébé mettait comme une distance entre nous c’était dur. J’ai donc refait des recherches. La nuit s’est déroulée calmement, avec des tétées sur les deux seins, et moi qui retenait presque ma respiration de peur de la voir se retirer. J’allais la voir en stress dès qu’elle pleurait et ce n’est pas bon du tout. Le lendemain matin, rebelote, pleurs mais pas de tétée, j’avais l’impression qu’elle avait soif, mais elle ne voulait rien. J’ai essayé le biberon au cas où, mais c’est la pire des idées elles s’est braquée encore plus. Je ne savais plus quoi faire, les rares tétées qu’elle prenait me semblait trop peu suffisantes. J’ai donc à nouveau beaucoup pleuré. Je lui ai parlé en l’ayant dans mes bras, je lui ai dit que j’étais désolée, que je faisais des erreurs. Je l’ai laissée jouer à côté de moi en l’observant en retenant mes larmes. Et puis d’un coup, elle a levé les bras pour un câlin puis a réclamé le sein en essayant de téter à travers mon top. Je lui ai donc donné calmement, et elle a continué à réclamer au fil de la journée. J’était heureuse, mais toujours perdue, j’ai encore fait des recherches.

Se sentir rejetée par son bébé

Vilaine dent et grève de la tétée

 Au final, on a pu comprendre ce qu’il se passait. Au détour d’un grand sourire, voilà que je vois une boule blanche sur le côté gauche de la gencive inférieure de pépette. Une pré-molaire, déjà ? Alors qu’elle ne nous a pas sorti ses incisives supérieures ? On verra bien mais ça y ressemble, j’ai donc de suite rapproché son refus du sein gauche à sa sensibilité. Mais pour la grève du droit ? En fait, il se trouve qu’à huit mois certains bébés espacent les tétées pour les concentrer et vu qu’ils tètent plus efficacement on peut ne pas s’en rendre compte. Mais il se peut aussi qu’un bébé fasse une grève de la tétée.

Ces grèves conduisent beaucoup de femmes à arrêter l’allaitement. Bébé ne veut plus du sein alors on tente le bib’ comme on a fait. Sauf qu’heureusement elle ne sait pas le prendre et finit par prendre le sein. Mais si bébé prend ses habitudes au biberon dès qu’un tétée est refusée, vous pouvez dire au revoir à l’allaitement. C’est une période un peu test, où il faut se rapprocher de l’enfant, le rassurer, lui montrer qu’on est là même sans le sein, et il y reviendra quand il aura besoin. Certaines grèves peuvent être complètes sur deux jours, ou juste espacer un max les tétées sur plusieurs jours / semaines. Si la maman ne craque pas et entretient sa lactation en vidant manuellement ou en tirant son lait, l’allaitement peut reprendre son cours normal. Il faut juste tenir bon.

Mais c’est dur, c’est tellement dur de voir son bébé qui chercher à sortir des bras, qui refuse le sein et hurle au point de ne même plus vouloir de câlin. On ressent de suite un coup au coeur, comme si quelque chose se brisait. Alors qu’en fait, c’est juste un mauvais moment à respecter, LE moment où il faut respecter bébé, son rythme, ses changements. J’ai cru que je devrais arrêter l’allaitement, et souhaitant allaiter encore le plus longtemps possible, je l’ai pris comme un échec. Imaginez le tableau, bébé ne veut plus moi, mon allaitement, la seule chose dont j’étais fière de tenir bon était un échec, j’étais épuisée de fatigue et de pleurs… C’était terriblement dur. Sauf que j’ai su sortir la tête hors de tout ça, j’ai laissé mon bébé faire et venir réclamer les tétées de lui même, même si elles sont bien plus espacées. Je l’ai écouté, et ça semble marcher. Elle réclame à nouveau les tétées quasiment aux mêmes horaires qu’auparavant surtout le soir et la nuit. J’espère que cela durera, mais si jamais vous rencontrer cette situation, surtout ne paniquez pas, ne vous jetez pas sur le biberon. Votre bébé est la clé, vérifiez que rien ne le gène et écoutez le. C’est le plus important !

Avez-vous déjà connu des moments de la sorte ?

Mon bilan après quatre mois d’allaitement au sein

Mon bilan après quatre mois d'allaitement au sein

Amies, amis, bien le bonjour à vous ! Dans cet article, je vais dresser un bilan sur l’allaitement au sein tel que je le vois et le vis après plus de quatre mois. Quatre mois et trois semaines pour être exacte. Au lieu de faire un gros blabla interminable, je préfère faire une enfin plutôt deux listes : celles des avantages et celle des inconvénients.

Cela dit, ce n’est qu’un avis personnel, et même si l’allaitement au sein est naturel, je n’écris pas ceci pour forcer de futures maman à s’y mettre. Toutefois, si certaines ont besoin d’un avis vécu, vous êtes les bienvenues.

Les avantages

Commençons par les parties les plus positives, n’allons pas nous décourager d’avance.

  • C’est économique : pas besoin d’acheter un plein de biberon avec différentes tétines, ni faire le plein de laits infantiles. Les vêtements d’allaitement c’est pratique mais pas obligatoire, on peut aussi mettre un haut simple et le remonter, les coussinets par contre c’est effectivement pratique.
  • C’est pratique : en cas de promenade, de virée en famille ou même de virée magasin, un petit coin tranquille et le lait est toujours à bonne température, toujours disponible. Pas besoin de batailler avec des compartiment isotherme, avec des biberons déjà dosés, qui ne sont gardés en condition optimale que sur un temps réduit.
  • C’est un moment très fusionnel : un peu comme le prolongement de la grossesse en fait, on partage à nouveau notre corps avec bébé pour qu’il profite de tous les bienfaits du peau à peau et du lait maternel
  • On transmet nos anticorps à bébé
  • Avoir bébé au sein détend : l’ocytocine qui est sécrétée pendant les tétées permet d’être apaisée, de se detendre, et le sommeil est plus facile à trouver, d’ailleurs pas besoin d’allumer une grande lumière non plus pour préparer un biberon à 4h du matin.
  • On retrouve plus facilement la ligne : bébé puise dans nos ressources pour se nourrir, la perte de poids est donc facilitée, après, il ne faut bien entendu pas manger pour 15 pendant la période d’allaitement
  • Être au sein rassure bébé : en cas de gros chagrin, peur ou pleurs inconsolables, bébé est rassuré de sentir la présence de maman et d’effectuer le mouvement de succion sur son sein, tout en se remplissant le gosier. 
  • Utiliser l’homéopathie : c’est une pratique à laquelle on ne pense pas au premier abord. On peut soit dilué la préparation dans de l’eau et donner à la cuillère ou la seringue ou mettre dans la préparation du biberon, ou bien laisser les granules entre la joue et la gencives, mais tout simplement, maman peut prendre l’homéopathie qui sera diffusée dans le lait et bébé en bénéficiera. C’est une pharmacienne qui me l’avait conseillé.

Les inconvénients

Passons à la partie moins mignonne !

  • Les crevasses, engorgements et autres cadeaux : ça fait très mal, si on prend soin d’avoir bébé en bonne position et qu’il tête régulièrement c’est bon, sinon ça pique. Il faut donc bien penser à hydrater et vérifier la position de bébé, surtout les premiers jours
  • Les geysers de lait : il suffit que bébé soit distrait pendant le début de tétée ou d’avoir un REF (réflexe d’éjection fort) pour se retrouver avec la fontaine à lait à l’air et en recevoir un peu partout. D’ailleurs, ça vaut aussi pour les montées de lait imprévues dans les premières semaines
  • Il faut donner plus souvent : au biberon on donne à boire de façon régulière, selon des horaires précis, au sein, on préfèrera une fréquence à la demande, ça peut être toutes les quatre heures, comme deux heures ou même toutes les heures en période de pic de croissance.
  • On ne contrôle pas la quantité : c’est bien là l’un des inconvénients majeurs. On ne sait pas si bébé boit suffisamment. Pour ceci, il faut vérifier que bébé souille bien ses couches et environ 4 à 6 par jour et qu’il prend régulièrement du poids.
  • Un peu gênant : pour les mamans pudiques qui ne veulent pas allaiter en public ou devant la famille, mais il existe des châles pour préserver cette intimité. Même si je ne suis pas fan de cette idée de couvrir bébé pour qu’il mange.
  • Papa mis de côté : l’autre parent peut se sentir exclu lors des moments de tétées, même s’il peut y participer en câlinant bébé avant pour le donner à la maman ou en lui faisant faire le rot.
  • On s’y colle 24h/24, 7H/7 : sauf en cas d’allaitement mixte, un allaitement exclusif signifie que tous les repas signe la présence de la cantine maternelle, même malgré la fatigue, même pendant toute une nuit, même enrhumée. Et ceci peut être assez fatiguant.

Voilà pour les avantages et les inconvénients auxquels je pense après ces presque cinq mois d’allaitement exclusif au sein. Maintenant, si j’arrive à continuer jusqu’à six mois, je serai la plus heureuse, puis commencer la diversification tout en accompagnant les nouveaux repas du plus de tétées possible. Pensez-vous à d’autres avantages ou inconvénients ?

Vivre son allaitement au sein séreinement

ivette-ivens

Bonjour à toutes et à tous, mais surtout à toutes car cet article est plutôt orienté vers les mamans qui allaitent ou souhaitent allaiter au sein. C’est le mode d’alimentation le plus sain pour bébé, apportant tout ce qui lui est nécessaire pour grandir mais aussi du bonus comme les anticorps de la maman, du réconfort par la proximité, du peau à peau, de la complicité. Il est évident qu’on ne force pas une maman à allaiter, il faut le sentir, car allaiter au sein c’est donner de soi, c’est continuer de partager son corps, et c’est aussi désexualiser ses seins pour en faire la source de nourriture de son enfant et non plus le joujou favoris de sa moitié.

Cependant, l’allaitement au sein est parfois un peu houleux, ce n’est pas une petite balade tranquille. Il existe des petites astuces pour mieux vivre cet allaitement au sein, et pratiquant ces tétées depuis quatre mois, je peux vous confirmer que certaines aide, physiquement ou même juste moralement. J’espère que certains points pourront vous aider et n’hésitez pas à partager vos petites astuces !

Profitez de chaque instant de tétée

Cela peut paraître un peu bête, mais pourtant ceci s’applique dès la maternité. Laissez vous emporter par la tétée de bienvenue, par ce sentiment d’abandon mais aussi de partage avec votre bébé, cette fusion qui pourra vous manquer après l’accouchement. A chaque tétée laissez-vous aller, profitez des instants. Si vous commencer à vous stresser ou vous crispez avec bébé au sein, il le ressentira et vous aurez du mal à faire durer ces moments. Et puis vous verrez, les tétées de nuit se passe bien mieux en lâchant prise, on plane à moitié, et le sommeil se retrouve plus facilement une fois de retour au dodo. Il m’arrive parfois de me demander si je viens de me lever ou si c’était juste un rêve quand je me réveille la nuit.

Prenez soin de vos seins

Dès la grossesse, n’hésitez pas à hydrater vos seins, à les masser. Il paraitrait même que rester seins nus sous un tee-shirt permettrait de désensibiliser les seins pour éviter les crevasses et les sensations désagréables des premiers jours. Malheureusement j’ai pris connaissance de cette technique après avoir commencer l’allaitement. N’hésitez pas à les hydrater dès les premiers jours pour calmer les crevasses qui peuvent être douloureuses au point d’avoir un mouvement de recul lors du début de la tétée.

Massez vos usines à lait (joli hein?), sous un jet d’eau chaude pour décongestionner, pour drainer, en cas de montée de lait, en cas d’engorgement, ou tout simplement pour reprendre le contrôle de votre corps. Effectuez des expressions manuelles si besoin aussi, juste des légères, sous la douche par exemple, pour relancer la machine en fin de journée avant la nuit ou après une tétée de soir pour bien vidée les seins, pas besoin d’insister pour remplir un biberon obligatoirement.

Tenez bon les premiers jours

L’allaitement, c’est un peu comme les tatouages ou un coup de soleil : sur le coup cela semble être une bonne idée mais les jours qui suivent, c’est pas du tout agréable. Les premiers jours, ça tire, ça gratte, ça fait mal, on a les seins énormes, il faut tenir bébé sans lui faire mal (oui on a toujours peur de casser un bébé les premiers jours). Mais une fois le cap le plus dur passé, c’est du bonheur. Bon les fuites de lait mettent plus de temps à se réguler, mais au moins, les tétées ne sont plus des parties de lutte mentale pour supporter ce petit être qui vous fait souffrir. Oui oui j’ai vraiment eu très mal. J’ai même pensé abandonner, mais heureusement, grâce à l’aide de ma sage femme de PMI j’ai pu continuer et j’en suis plus que ravie.

En fait, dites vous que c’est un mal pour un bien.

Buvez à votre soif

Dès les premiers jours d’allaitement vous allez sentir une soif supérieure à celle habituelle. Et il vous sera agréable d’avoir toujours un verre d’eau à portée de main, surtout pendant et après les tétées. Ensuite ça se régule un peu, mais on boit plus que d’ordinaire. Ne buvez pas trop sucré c’est pas très bon pour le corps, mais buvez. Pas trop non plus, ne vous forcez pas à boire 4L par jour « pour produire du lait » ça ne fera l’effet souhaité sur la production. Ecoutez votre corps et buvez à votre soif. N’hésitez pas à introduire des tisanes au milieu de tout ceci. Et puis après tout, les voyages à répétition au wc on connait ça depuis la grossesse.

Une impression de baisse de production ?

Cela peut arriver. Bien souvent, les baisse de production de lait sont liées à une baisse de l’état général de la maman. Il existe bien des moyens pour stimuler/aider la production : mettre bébé au sein le plus souvent possible pour « générer » des tétées supplémentaires ou utiliser un tire-lait, boire des tisanes d’allaitement composées en majorité par de l’anis / cumin / fenouil (même si ce n’est pas bon du tout en goût), utiliser des aliments galactogènes tels que les graines de lin, le fenouil, l’avoine, le malt, les lentilles, le fenugrec, le quinoa, et évitez par contre la menthe, la sauge, le persil, ou encore reposez-vous !

Cependant, beaucoup pensent qu’avoir les seins mous est un signe de baisse de lactation. Mais attention, avoir les seins mous peut tout simplement être le signe que votre corps a pris le rythme et que vous êtes passés en lactation « automatique », enfin autocrine pour être plus exacte. Bébé doit tirer un peu plus longtemps pour avoir le lait, mais vous en produisez la quantité qui lui est suffisante. Pour être honnête je pensais faire une baisse de lactation, mais après avoir consulté une conseillère de La Leche League France (merci Aline de me l’avoir faire découvrir), et après avoir été attentive aux réactions de mon corps, je me suis rendue compte que ce n’était pas une baisse mais en gros je suis passée en mode automatique, qui fait un peu ronchonner bébé quand elle a faim car elle doit patienter 1 minute pour que le lait arrive. Mais au moins, les fuites sont très rares et les seins lourds aussi (sauf en cas de tétée sautée pour cause de dodo de pitchoune la nuit).

Bébé ne reste pas longtemps au sein ou s’y endort

Tous les bébés sont différents, toutes les mamans ont une production et une qualité de lait différente. Des bébés peuvent téter pendant 40 minutes, d’autres 10 minutes voire moins pour avoir les mêmes apports. Mais il existe quelques petits tips qui aident dans ce genre de situation.

Par exemple, si bébé ne reste pas longtemps au sein et qu’il s’énerve, essayez la « super alternance« . Donnez lui un sein, puis l’autre, puis rebelote pour qu’il est un accès plus rapide au lait. Il se fatiguera un peu moins à tirer toujours sur le même sein. S’il s’énerve à la mise au second sein ou détourne la tête, il a peut-être tout simplement assez manger. Ne le forcez en aucun cas sous peine d’avoir un gros chagrin de nerfs et un bébé énervé. S’il a faim il mangera !

Bébé s’endort au sein, souvent après en fin d’après midi. Si vous jugez qu’il a pris une bonne tétée, faites un câlin. Si la tétée vous semble courte et légère, n’hésitez pas à comprimer votre sein (toujours le téton en bouche) en mettant votre main sur le sein, de part et d’autre du sein le plus loin possible du téton pour le comprimer par petits instants. Cela va permettre un écoulement d’un peu de lait et bébé continuera de boire peu à peu. Essayez aussi de lui faire faire son rot puis changez de sein. Parlez lui doucement pour le motiver, gentiment, ce n’est pas un marathon non plus. Dans tous les cas, si bébé vous fait un joli sourire aux anges, laissez le un moment ainsi, c’est qu’il est bien, rassuré, bien nourri, aux anges quoi.

N’excluez pas le papa !

« Mais il ne peut pas donner le sein lui? » Oui certes, mais le temps de vous installer, laissez lui faire un câlin à bébé puis vous le glissez dans les bras. Profitez de lui pour avoir à grignoter / boire pendant les longues tétées. Ce n’est pas parce que c’est votre sein qui nourrit bébé que le papa ne doit avoir aucun rôle dans ces moments là. A la maison, elle adore, surtout le soir, quand c’est papa qui la glisse dans mes bras où elle attend la bouche grande ouverte l’ouverture de la cantine. Si vous complémentez l’allaitement au sein par du biberon, laissez cette occasion à papa.

Ne dormez pas sur le ventre

Sinon gare à l’engorgement. J’ai fait la bêtise une fois de dormir sur le ventre, j’étais bien installée, j’ai morflé le lendemain avec un engorgement, fièvre et tout le bazar. Depuis, c’est dos ou côté, bien que sur le côté, j’ai tendance à être un peu sensible le matin.

Bébé ne prend pas beaucoup de poids, ne paniquez pas.

Je suis la première à me remettre en question après une visite chez le pédiatre qui me fait remarquer acerbement que bébé ne prend pas assez de poids et qu’il faut complémenter en biberon ou en purée. Avec la petite phrase « Surtout ne pensez pas que c’est de votre faute ». J’en ai pleuré, beaucoup. Cette phrase m’a fait beaucoup de mal, et m’a confortée dans l’idée de baisse de production. Mais après plusieurs discussions, recherches, conseils, on a su me rassurer. Si bébé prend du poids de manière régulière c’est qu’il mange bien, et grossit à son rythme. Ce n’est pas parce que le bébé de la voisine prend 1kg par mois que le votre suivra le même chemin.

Essayez de le mettre un peu plus souvent au sein si vous voulez, mais surtout ne paniquez pas. Cherchez des contacts avec qui échanger sur le sujet, consultez plusieurs pédiatres si besoin ou une conseillère de La Leche League, mais un bébé suit sa propre courbe de croissance. Bon s’il prend très peu de poids ou qu’il en perd, n’hésitez pas à consulter. Dans tous les cas, si vous faites le nécessaire mais que cela ne fonctionne pas assez bien pour la croissance de votre bébé, dites vous que vous faites du mieux possible, tout en ne baissant pas les bras.

Tétée au calme, tétée appréciée

Un bébé qui est au sein peut facilement se distraire ou être perturbé. Pour éviter cela, installez vous confortablement sur un fauteuil, sur le canapé, sur le lit, n’importe, mais restez au calme. Baissez le son de la télé, de la radio, et profitez de l’instant. Si des personnes se trouvent autour de vous, demandez leur de parler un peu plus doucement, vous verrez que si l’une d’elles se met à parler un peu plus fort cela peut perturber bébé.

La nuit, privilégiez une lumière douce, telle une  lampe de chevet ou une veilleuse si c’est suffisant pour vous, et évitez la grande lumière qui éblouira bébé qui est dans les choux, et qui finira de le réveiller avec un rendormissement plus difficile.

L’image à la une est une photographie signée par Ivette Ivens, dont les galleries sur l’allaitement et la maternité sont splendides. 

Journal de maternité #5 : Croissance et contre-coup

Journal de maternité #5 : Croissance et contre-coup

Déjà dimanche ? Que le temps passe vite, surtout en congé maternité quand on n’est plus temporairement dans le monde du travail. Les jours s’enchainent et se ressemblent, seule la présence de l’homme à la maison me rappelle que l’on est en week-end. Et c’est d’ailleurs étrange. Bref, nous voici réunis pour un nouveau journal de maternité, et si en ce moment bébé profite à fond et grandit comme une dingue, côté maman, c’est plutôt la chute, le contre-coup.

Une croissance en flèche

On ne le dira jamais assez mais : un bébé ça grandit vite ! Très vite ! Alors qu’au début on s’extasie sur le petit être paisible, qui dort à poing fermé, il s’éveille très vite, et les yeux grands ouverts commence à découvrir le monde. Mais très rapidement, on se rend compte que le petit bébé si fragile il y a encore quelques semaines commence déjà à tenir sa tête quelques instants, commence à se tortiller tel un ver de terre pour tenter de se retourner, commence ça babiller. Et surtout, ses yeux grands ouverts vous suivent, bébé observe vos mouvements, vos allers et venues à ses côtés. C’est incroyablement mignon, mais faire autant de progrès en sept semaines, ça peut donner le tournis.

En plus, le plus mignon de tout, c’est ni plus ni moins que le festival du sourire auquel on a droit à longueur de journée. La moindre occasion de gazouiller à ses côtés, le moindre petit bruit qui peut sembler marrant, on devient des grands machins complètement gaga juste pour obtenir un sourire. Et puis, il y a ces moments, lorsque dès qu’elle est posée sur la table à langer, elle se met à sourire, des grands sourires, en continu. Bien entendu, on sourit bien bêtement aussi hein. Cela dit, quand on allume une petite lumière, la tête en vrac pour donner la tétée à 5heures du matin, et qu’on se retrouve face à une petite bouille qui sourit, le réveil n’est pas aussi désagréable. Enfin bon, même si on aime pas les enfants et les bébés en général, une fois qu’on a le sien à la maison, on perd toute raison et on devient des grands machins débordants de gagatitude et d’amour. Car oui, je l’avoue, avant j’étais gênée devant des bébés ou autre, mais maintenant, j’ai envie de les bichonner, les bisouiller, enfin vous voyez le genre ?

Journal de maternité #5 : Croissance et contre-coup

Quand le corps de maman tombe en ruines

En fait, il semblerait qu’un équilibre s’installe entre le développement en flèche de bébé et la fatigue de maman. On se retrouve épuisée, avec les forces qui partent en RTT dès 19heures du soir. Alors ce n’est pas forcément invivable, mais se retrouver avec les bras en coton, le dos en vrac et les jambes qui tirent alors que la soirée est à peine entamée, ce n’est pas évident. Ajoutons à cela le vilain engorgement (merci l’allaitement au sein) qui fait très mal et qui nous fait nous retrouver à 39,2°C à 5heures du matin puis à passer la journée au lit (avec pépette pour le coup), et on obtient un cocktail explosif.

En parallèle, la reprise de la pilule pour éviter le retour de couche provoque des perturbations hormonales, des éruptions non désirées cutanées après une grossesse idyllique. Il y a aussi la chute des hormones de la grossesse et de l’accouchement, qui peut être compliquée. On se retrouve avec toujours quelques crampes utérines lors de tétées au sein, on perd nos cheveux, encore plus que de saison, on se retrouve avec une soif de tous les diables, même l’appétit peut se retrouver modifié et il arrive même qu’on se retrouve avec des envies ou des dégoûts bien particuliers sans aucune raison. On a beau faire genre tout va bien, on est en plein forme, mais au fond, il faut bien que le corps pète un coup. Après 9 mois à développer la vie, puis 12 heures à travailler intensément, puis plusieurs semaines à ne pas avoir le quota de sommeil, si on ajoute le stress de mal faire avec un nouveau-né, le corps finit par dire « oh là ça suffit, fais une pause un peu ». Alors on récupère le sommeil tant qu’on peut, on profite des moments calmes, des câlins, on se requinque avec les sourires et on se blinde de vitamines aux jus de fruits frais.

Journal de maternité #5 : Croissance et contre-coup

Le retour du bain prodigieux

Et puis surtout, on profite surtout d’un bon bain relaxant, bien chaud, pendant que notre moitié s’occupe de bébé après la tétée. Car après sept semaines à tirer sur le corps, il est appréciable de retrouver cette sensation de bien-être, de lâcher prise dans l’eau, après avoir eu l’accord de Madame Gygy bien entendu. Après un accouchement, la reprise des immersions bains / piscine sont en général autorisée par le personnel médical / para-médical qui suit la maman, surtout en cas d’épisiotomie ou de déchirure, enfin, en présence points même résorbables pour éviter toute infection en cas de plaie mal cicatrisée. Il ne manquerait plus que ça.

En tout cas, nouvelles maman, il est normal d’avoir des coups de mou psychologiques mais surtout physiques, après tout ce que le corps à vécu, lui aussi a droit de demander un peu de repos. Si vous le pouvez autorisez vous une sortie détente, un soin au spa, des bains massants, ou même un cinéma si vous le pouvez (merci l’allaitement au sein, grâce à toi je n’ai toujours pas vu Star Wars… cela dit mon petit Jedi vaut mieux que tous les Star Wars <3), bref, soufflez, et prenez un moment pour vous, même si, soyons honnête, il est très difficile de ne pas culpabiliser de s’accorder un moment de solitude.

Journal de maternité #5 : Croissance et contre-coup

Allaitement, les montagnes russes des premières semaines

Allaitement, les montagnes russes des premières semaines

Si vous vous souvenez bien, il y a quelques mois, je vous parlais de mon souhait d’allaiter. J’ai lu pas mal de choses sur le sujet, mais au fond, ce presque premier mois m’a réservé beaucoup de surprises. J’ai eu pas mal de retours sur des mamans qui ont abandonné l’allaitement au bout de quelques jours, et franchement, ça m’avait un peu fait douter, mais j’ai voulu tenter l’expérience, et oui, j’ai aussi failli abandonner. Cependant, au fil des semaines, on trouve son rythme, enfin notre rythme, et les choses se mettent en place plus facilement, peut-être même plus naturellement.

Premiers jours et syndrome Pamela Anderson

Les premiers jours à la maternité, on nous explique qu’il faut placer bébé comme ça, qu’il faut bien pincer le mamelon pour l’insérer dans la bouche de bébé (et quand on nous le fait ça fait plutôt très mal), et qu’il faut garder bébé 10 min maximum à chaque sein. Forcément, les seins sont fragiles et le colostrum est très riche, donc 10 min par sein est supposé être suffisant pour bébé. On est donc heureuse de pouvoir nourrir bébé, mais ça comment à tirer un peu.

Au bout de deux / trois jours, alors qu’on commence à trouver son rythme, voici que les seins se mettent brusquement à se tendre et à ressembler à des obus. Chauds, et durs, une des puéricultrices présentes à la maternité, m’a expliqué qu’il s’agissait de la montée de lait (tant attendue) et que ce syndrome Pamela Anderson (oui c’est elle qui l’appelle comme ça j’ai beaucoup aimé) n’allait durer que quelques jours. Un petit tour sous la douche bien bien chaude, un petit massage pour drainer, et ça irait mieux. Et c’est vrai que ça soulageait, mais au fond pas tellement et les tétées de la maternité n’étaient pas franchement glorieuses avec un bébé qui avait du mal à se rassasier et une maman qui se faisait regarder de travers lorsqu’elle laissait bébé téter trop longtemps (même s’il était évident que pépette avait encore faim, selon le personnel je la laissais trop longtemps).

Allaitement, les montagnes russes des premières semaines

Désinformation et mal de chien

Oui, vous ne rêvez pas, et je n’exagère pas, pendant les débuts, on peut ressentir un mal de chien. Son origine ? Les vilaines crevasses non désirées, qui apparaissent sauvagement, et qui en plus stresse la maman et le bébé. Parce que ce moment où tu mets bébé au sein et qu’au moindre contact, à la moindre succion tu as un mouvement de recul tellement tu as mal ça ne le fait pas. Au retour à la maison, après la première nuit et un bébé pendu au sein tout le temps pour être rassuré, les crevasses ont empiré par rapport à la maternité et la douleur est devenu lancinante. J’ai donc beaucoup culpabilisé, et j’ai très sérieusement pensé, je dois l’avouer, à abandonner l’allaitement. Je savais que le lendemain j’avais rendez-vous avec une sage-femme de la PMI (Protection Maternelle et Infantile) et j’étais prête à lui demander comment faire pour passer au biberon, quasiment en pleurs dans le lit ou sur le fauteuil à chaque tétée.

Le lendemain, cette sage-femme (que je bénis car elle est géniale) m’a donné des conseils. A la fois pour moi et pour bébé. Elle a modifié la position conseillée à la maternité, elle m’a dit de ne pas pincer le téton pour ne pas qu’il se place mal dans la bouche de l’enfant, mais laisser l’enfant prendre naturellement, masser et stimuler par pression pendant la tétée pour raccourcir leurs durées sans que cela n’ait d’effet sur les apports de lait, les soins à apporter aux seins, comment reconnaitre un bébé qui prend bien le sein sans que la langue ne frotte trop pour réveiller les douleurs. Et à ce moment, j’ai réellement pu découvrir l’allaitement, avec des sensations parfois gênantes, mais plus vraiment douloureuses.

Allaitement, les montagnes russes des premières semaines

Installation du rythme et complicité

Puis, il a fallu se faire au rythme. Attention, pas celui de la maternité. Oui là encore ça balance sur le personnel mais leur conseil c’était « surtout donner au maximum toutes les 4 heures, et si bébé dort réveillez-le ». MAIS MAIS MAIS ! Erreur ! Déjà bébé demandait en général toutes les deux heures ou trois en journée, et trois ou quatre ou cinq (oui oui) heures la nuit. Du coup, prise de panique sur le rythme qui n’était pas bon, je programmais un réveil toutes les 4 heures pour respecter ce délai. Mais voyant bébé dormir profondément, et étant fatiguée, je n’avais aucune envie de la réveiller. J’en ai donc parlé à la sage-femme de la PMI, qui m’a dit qu’en gros les 4 heures c’était de la connerie, qu’il fallait donner le sein (ou les deux) à la demande. Si bébé dort, c’est qu’il est repu, pas la peine de le réveiller et l’énerver pour le nourrir, il réclamera quand il aura faim. Du coup, je me suis sentie bien moins coupable.

Le rythme s’est donc instauré petit à petit (hors pics de croissance) avec des tétées toutes les 3 heures à peu près en journée, 2 heures les soir (en bouquet pour se préparer à la nuit) puis 4 heures ou 5 la nuit (oui on a plutôt de la chance). A chaque tétée, il faut savoir gérer son temps pour s’installer, car un bébé qui a faim donne pas mal dans la vocalise et cela vous transforme en fontaine. Une fois correctement installées au calme dans le fauteuil, c’est un plaisir. Vérifier la déglutition, puis profiter du moment, surtout la nuit, toutes les deux, dans le silence. L’ocytocine participe aussi au bien-être en reposant la maman lors de la tétée, puis au final, prolonger la complicité de la grossesse, cette fusion, en récoltant un sourire de bien-être à la fin, c’est génial. Enfin, lors des journées régulières, parce que parfois ça peu être assez rude au réveil.

Allaitement, les montagnes russes des premières semaines

Bébé insatisfait, retour de Pamela Anderson, et fuites en folie

Ce titre très glamour est plutôt un bon résumé d’une situation rencontrée à plusieurs reprises. D’abord, bébé pleure, demande le sein toutes les heures, semble insatisfait en fin de tétée. On se pose des questions, on se dit qu’il y a un problème au niveau de l’apport de lait. Mais en fait, c’est normal. Il s’agit d’un « pic de croissance » bien que les experts ne s’accordent pas tous là-dessus. Certains affirment que c’est pour modifier la quantité et la qualité du lait produit par la mère en répondant à une demande plus importante, d’autres affirment que c’est une manière de se rassurer lors d’une période précédent une évolution importante des progrès de développement du bébé, mais qui au final augmente la production de lait. Donc, on revient au syndrome Pamela Anderson, avec des seins qui gonflent encore plus mais restent plutôt de bonne taille après (oui avouons le, c’est plutôt cool des gros seins).

Sauf que… On produit plus de lait, d’une composition adaptée aux besoins de bébé. Et qui dit plus de lait, et sentiments maternels, dit… Fuites de lait. Non pas quelques petites gouttes hein. Non non, la belle fuite qui tâche et qui fait fourmiller vos seins. Oui, on peut découvrir cette sensation. C’est désagréable d’avoir des fourmis aux pieds ou mains alors imaginez les seins ! Mais ceci dure peu de jours et le rythme redevient rapidement normal. Attention tout de même à la fatigue. Au passage, ces fuites peuvent être très pénibles, lorsqu’on essaie de bien s’habiller pour un événement. On peut utiliser des coussinets absorbants (jetables ou lavables), mais il arrive un stade où ils s’imbibent et laisser vos bouts de seins macérer n’est pas net du tout, ni hygiénique.

Allaitement, les montagnes russes des premières semaines

Alors même si les débuts de l’allaitement peuvent être chaotiques, j’aimerais vous dire de vous accrocher et surtout de ne pas abandonner. Le plaisir de retrouver son bébé au sein, de le nourrir et voir son sourire. Même s’il faut une organisation, jongler entre les langes avec un bébé qui en met un peu partout. Et petit conseil, n’oubliez pas que même en cas d’allaitement, vous pouvez faire faire un rot à bébé car même s’il avale moins d’air qu’avec un biberon, il se peut qu’il y en ait qui passe un peu à travers.

L’image à la une est la couverture du comics Saga Chapter One (que je vous conseille de tout coeur)